En bref : près d'un Français sur trois est en précarité de mobilité en 2026. Le vélo électrique ne règle pas tout, mais il rend accessibles, pour un coût très faible, les trajets de moins de 15 km qui pèsent aujourd'hui sur le budget carburant. Les employeurs ont les outils pour le proposer.
Un Français sur trois concerné
Le 4e Baromètre des mobilités du quotidien, réalisé par Wimoov et publié en septembre 2026, donne la mesure du problème :
- 31 % des Français sont en précarité de mobilité, soit environ 17 millions de personnes, contre 13,3 millions en 2022 ;
- le taux monte à 44 % dans les territoires ruraux ;
- 79 % des habitants des zones rurales n'ont aucune solution de rechange si leur voiture tombe en panne ;
- un Français sur dix a déjà renoncé à un emploi faute de moyen de s'y rendre ;
- les déplacements absorbent 26 % du budget des ménages sous le seuil de pauvreté, contre 10 % pour les ménages aisés.
Avec un gazole autour de 2,39 € le litre début octobre 2026, cette pression s'accentue pour ceux qui n'ont pas d'autre choix que la voiture.
Ce que le vélo électrique résout vraiment
L'assistance électrique change la donne sur trois points : elle efface le relief, elle permet d'arriver sans effort excessif, et elle rend réalistes des trajets de 10 à 15 km. Le coût d'usage est presque nul : quelques euros d'électricité par mois, pas de carburant, pas de stationnement payant.
Le mouvement est déjà visible. Selon RMC, la hausse des ventes de vélos électriques observée depuis la fin de l'été 2026 touche désormais les communes rurales, pour les trajets du quotidien.
Ses limites, sans les cacher
- La distance. Au-delà de 15 à 20 km par trajet, le vélo seul devient difficile au quotidien.
- La sécurité. Hors agglomération, l'absence de piste cyclable sur les routes départementales reste le premier frein.
- Le prix d'achat. Environ 2 000 € pour un vélo électrique neuf : c'est précisément la somme que les ménages modestes ne peuvent pas avancer.
- L'information. D'après le baromètre Wimoov, 72 % des Français ignorent les aides existantes pour les vélos ou les véhicules propres.
Le rôle des employeurs
C'est sur le prix d'achat que l'entreprise peut agir le plus directement. Trois leviers existent :
- Le vélo de fonction. L'entreprise loue le vélo et le met à disposition du salarié, assurance et entretien compris. Ce n'est pas un avantage en nature : aucune cotisation ni aucun impôt pour le salarié. Voir notre page vélo de fonction.
- Le forfait mobilités durables. Jusqu'à 600 € par an et par salarié exonérés, 900 € en cas de cumul avec l'abonnement de transport.
- Les vélos reconditionnés. Un loyer plus bas, pour équiper davantage de salariés avec le même budget.
Les métiers aux horaires décalés ou aux déplacements multiples sont les premiers concernés : aides à domicile, agents d'entretien, personnels soignants. Nous détaillons ces cas dans nos pages aides à domicile et hôpitaux.
Par où commencer
Recensez les salariés qui habitent à moins de 15 km de leur lieu de travail : c'est souvent une part plus importante qu'on ne le pense. Un essai sur quelques mois, avec une formule de location courte, permet ensuite de vérifier l'usage avant de s'engager plus largement.
Sources
- Wimoov, 4e Baromètre des mobilités du quotidien, septembre 2026, chiffres repris par Le Journal de l'Automobile.
- RMC / L'Express, ventes de vélos électriques, 6 octobre 2026.
- franceinfo, prix des carburants, octobre 2026.