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Je décarbone, tu décarbones, nous décarbonons.....et vous ?

Dernière mise à jour : 27 juin

Petit précis de décarbonation de nos déplacements au quotidien ; que pouvons-nous faire ?


Les transports représentent 15% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, et 30% en France. La mobilité est dominée par la voiture, qui représente en France environ 2/3 des distances (~50 km), des durées (~1h) et du nombre de déplacements quotidiens (~ 3).


Pour diminuer les émissions de CO2, il est donc essentiel d’agir sur nos modes de transport, et ça tombe bien, c’est l’affaire de chacun d’entre nous ! Comment faire pour que, chacun à notre niveau, nous diminuions nos émissions de gaz à effet de serre dans vos transports du quotidien ?


Bike2Mobility est allé chercher des réponses PRECISES dans la thèse de doctorat en sciences économiques d’Aurélien Bigo, sous l’égide de l’Institut Polytechnique de Paris, intitulée « Les transports face au défi de la transition énergétique. Explorations entre passé et avenir, technologie et sobriété, accélération et ralentissement, Novembre 2020 ».


Une équation pour identifier les leviers d’action :

Les émissions de CO2 du secteur des transports sont dues à 5 facteurs, qui chacun peut faire l’objet d’améliorations et constitue un levier d’action.




Parmi ces 5 leviers, deux sont des leviers technologiques qui dépendent assez peu de nous, et beaucoup des décisions de politiques publiques et/ou de lourds investissements industriels : c’est le cas notamment de l’efficacité énergétique des véhicules, dont l’amélioration passe par la généralisation des véhicules électriques et aussi par la production d’une électricité décarbonée pour les alimenter.


C’est aussi le cas de l’intensité carbone de l’énergie qui dépend du mix énergétique français et plus largement mondial. Pas grand-chose à attendre de ce côté-là de l’hydrogène ou des bio-carburants (mais c’est une autre histoire que nous raconterons dans un prochain article).


Mais d’autres leviers nous sont plus facilement accessibles. Sur ceux-là nous pouvons agir ! il s’agit de :

- La demande de transport : historiquement la demande de transport au cours des 150 dernières années a explosé, sous l’effet conjugué de la croissance de la population et des progrès technologiques (train, voiture puis avion), progrès qui ont permis une augmentation des vitesses de déplacement et se sont traduits par l’allongement des trajets moyens. Plus de monde parcourant toujours plus de kilomètres avec des moyens de transport carbonés…

- Si l’on note une stagnation de la demande de transport au cours des 10 dernières années, il n’y a pas pour autant d’inflexion notable à la baisse. Toutefois les comportements commencent à changer, en particulier du fait de la hausse des prix des carburants, et d’une redécouverte, après la pandémie, des bienfaits d’un tourisme plus hexagonal. Cette tendance sera-t-elle durable ?

- En tout état de cause, si vous voulez participer de la baisse des émissions de CO2, choisissez de moins vous déplacer (rien de mieux qu’un déplacement évité grâce au télétravail) et de le faire pour des distances plus courtes !


- Le report modal : si vous devez néanmoins vous déplacer, il s’agit de choisir les modes de déplacement les moins polluants :

o Le train plutôt que l’avion pour les déplacements de longue distance

o La marche, le vélo et les transports en commun (dans cet ordre) plutôt que la voiture pour les déplacements de courte distance.

- Le report modal est un levier d’action particulièrement puissant : Aurélien Bigo estime qu’il pourrait contribuer pour 20% à la baisse des émissions carbone des transports. S’il peut présenter à titre individuel quelques petits inconvénients (confort notamment), il présente aussi de grands avantages collectifs (on parle d’externalités positives) : moindre occupation de l’espace public, moindre besoin de coûteuses infrastructures qui consomment les sols arables, moindre bruit, moindre pollution aux particules, moindre étalement urbain, bénéfices directs sur la santé des utilisateurs et plus largement les indicateurs de santé publique.

- En ville, le report modal s’impose comme une évidence, y compris au regard du critère de la vitesse de déplacement, comme l’illustre le graphique ci-dessous des vitesses moyennes de déplacement :



- Enfin le taux de remplissage : beaucoup de nos transports du quotidien se font encore seul(e) dans notre voiture : une mesure efficace consiste dans le co-voiturage, encore peu pratiqué et qui constitue un réservoir substantiel d’économies de CO2 qu’Aurélien Bigo chiffre à 15%


- Concrètement et pour chaque entreprise, il s’agit de décarboner les déplacements domicile-travail (qui représentent un quart des déplacements en nombre de kilomètres parcourus) à travers (i) le télétravail, (ii) l’encouragement aux trajets à vélo – vélos personnels, vélos de fonction, et (iii) le co-voiturage ou l’auto-partage.


La réduction des distances, le report modal et le covoiturage permettent également de réduire le coût des mobilités et ainsi la vulnérabilité des ménages aux revenus les plus faibles. Ce sont donc des actions qui contribuent à une moindre inégalité sociale et au renforcement du lien social.

En modifiant la façon de nous déplacer, on parle aussi de plaisir, de proximité, de convivialité, de partage et d’entraide !


Pour conclure, laissons la parole à Aurélien Bigo : « Sobriété et technologie devront se combiner pour atteindre les objectifs climatiques. La sobriété peut permettre de faire environ la moitié du chemin vers la neutralité, elle présente de forts co-bénéfices sociétaux, mais pose des questions de changements de comportements et d’emploi. La technologie aura un rôle majeur, mais se confronte à des ressources limitées, des impacts environnementaux et des coûts parfois forts. »

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